Forêt de réverbères


Quand je vois l’installation Streetlampforest (Forêt de luminaires en VF) de Sonja Vordermaier résonnent immédiatement en moi ces vers écrits par de Hans Windisch en 1929 que je ne perds jamais une occasion de citer « Nous vivons dans des villes. Nos champs sont d’asphalte, nos étoiles sont les lampadaires, nos forêts les pylônes des réverbères d’éclairage public ». Soit, je ne jurerai pas sur la tête de mon poisson rouge que je n’ai pas un peu modifié la fin pour l’ajuster à mon propos, mais l’esprit est là. Windisch, théologien dont j’ignore tout ou presque, célébrait l’esthétique industrielle nouvelle, Vordermaier, dont je ne sais pas grand chose non plus, ironise non sans une certaine tendresse sur ces objets vaillants, indispensables et dérisoires. Regardez-les :  « Ces voyageurs ailés, comme ils sont gauches et veules! Eux, naguère si beaux, qu’ils sont comiques et laids! L’un agace son bec de gaz, l’autre mime, en boitant, l’infirme qui éclairait » est-on aussi tenté de dire, comme Charles B. dans son poème « Le réverbère ».



Les lampadaires présents dans l’installation proviennent de plusieurs villes d’Europe : Amsterdam, Berlin, Erfurt, Leipzig, Barcelone, Innsbruck, Milan, Hamburg, Prague, Cagnes-sur-mer, Sarajevo, Stuttgart, Belgrad, Lippstadt, Munich, Sofía, Trieste et Vienne en Autriche. Ils ont été présentés dans le cadre d’une exposition horticole présentée à Rosenheim (D). Et dire qu’en France des associations de protections de l’environnement tentent d’opposer végétation et éclairage artificiel ! Outre-Rhin, les deux vont mains dans la main! ça me rappelle une photo de la série « Ports de mer », de Gabriele Basilico.


A signaler, Nordluester, une autre installation par la même artiste. Un lampadaire agressé par un lustre à pampille de salon, intéressant, quelle jungle urbaine !

Via FloresEnElAttico

4 Commentaires

  1. Voici un bien beau sujet et une poétique à laquelle je suis sensible. Merci!
    Matthieu

  2. Le plus remarquable, c’est peut-être qu’aucun de ces lampadaires n’est beau, ni même original. Et ça donne une bonne perspective de reclassement pour les candélabres obsolètes: les planter en bouquet, ou en fagot.

    • 5000k

      Finalement, je me demande si les employés d’un dépot d’éclairage de service technique d’une collectivité (ouf) n’ont pas quotidiennement la même vision, la pelouse en moi, des murs en béton préfa en plus…

  3. Prof Z

    « Le plus remarquable, c’est peut-être qu’aucun de ces lampadaires n’est beau, ni même original »
    http://monputeaux.free.fr/une/0309.htm

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