Tendance #2 : l’ironie


On avait publié un billet qui devait être le premier d’une série consacrée au tendances, mais qui était finalement resté esseulé. Finalement la publication d’un projet sur DailyTonic est l’occasion de relancer cette série orpheline. Le concept : rassembler une série d’objet qui présente un trait commun autour d’un thème, sans préjuger du fait que l’on pourrait imaginer d’autres regroupements, mettre en valeurs d’autres traits de caractères que celui qui motive la présentation des objets présentés ci-après. Un changement majeur, on se limitait au début aux lampes présentés en 2009, mais le net prenant une certaine liberté avec la chronologie (un projet de 2005 peut soudain ressortir sans que l’on sache bien pourquoi ) – et l’intérêt des tendances étant de les mesurer sur une durée plus longue – sans remonter à 1881 – nous avons étendu notre spectre temporel aux années contiguës.

"mischlichtRGB" - Fabian Nehne/Martin Meier

L’ironie traverse incontestablement la production lampistique (quel beau néologisme!) de ces dernières années. Elle se décline sous toute une série d’aspects, grinçants, agressifs, décalés, innocents (une ironie qui s’ignore). Présentons tout d’abord RGB, le projet qui a permis la relance de cette rubrique. Trois filtres colorés imitent le processus de la synthèse additive des couleurs à l’œuvre dans les téléviseurs ou plus récemment les systèmes de LED. La logique est celle de la transcription : Fabian Nehne (D) et Martin Meier (CH) transposent dans une vieille technologie les signes de technologies plus récentes. Cette démarche à priori illogique produit un objet décalé, ressortant de l’esthétique de l’absurde. D’autres images sont présentées sur DailyTonic

"mischlichtRGB" - Fabien Nehne/Martin Meier

Les deux lampes qui suivent empruntent le chemin inverse de « Mislicht RGB ». De formes modernes, elles opèrent un retour à « l’antique ». C’est d’abord « Allume-moi », créée par 4 étudiantes en Design Industriel de l’Université de Montréal – Amélie Lachance, Alexandrine Lemaire, Christine Mongeau et Jackie Richardson. Le monolithe en bois ultrafin dessine, une fois allumé, la silhouette de l’abat-jour de grand-maman. « Allume-moi » a été tiré à douze exemplaires, et plus d’informations sont disponibles sur TrendsNow. C’est encore de TrendsNow que nous arrive cette lampe de Marcus Tremonto, Pixel Bulb. Un matériau luminescent reprend la forme d’une lampe à incandescence pixelisée. C’est parti pour la mise en abime : de l’ancien (l’incandescence) – revisité par du moins ancien qui semble ultra-moderne (la matière luminescente) – redessiné par l’enfance des technologies de pointes…

"Allume-moi" - Amélie Lachance/Alexandrine Lemaire/Christine Mongeau/Jackie Richardson

"Pixel Bulb" - Marcus Tremonto

Les projets qui suivent atteignent l’ironie par le détournement d’objets courants. Spoticam, dessinée par Antrepo Design Industry, est semblable à une caméra de vidéo-surveillance, proposée en version murale ou lampe à poser. C’est bien vu, car selon Gaston Bachelard, « tout ce qui brille voit », donc toute lumière est une forme de surveillance. Vient ensuite glassbulb, ou les verres servent de chandelier, et surtout Eiger North Light de Matthias Ries. Eiger, c’est ce sommet des Alpes suisses qui présente une face nord particulièrement ardue et meurtrière – une paroi verticale de 1600 mètres. Avec ce piolet, on ne part plus à l’assaut des cimes mais du buffet Louis XVI. Un commentateur déconseille de l’offrir à votre belle-mère. Nous le déconseillerons d’autant plus si elle est trotskyste.

"Spoticam" - Antrepo Design Industry

"Glassbulb" - Oooms

"Eiger North Light" - Matthias Ries

Eiger North Light que l’on plante dans les boiseries de la demeure XVIIIe offre une parfaite transition vers « l’ironie destructive », ou l’on remplace l’objet face à sa destruction : soit parce qu’ils fondent ( « Liquid Lamp » – Kyouei Design), soit parce qu’ils ont été malmenés (Batucada – frappé – par Jahara Studio). Un service de vaisselle accompagne l’ensemble.

"Liquid Lamp" - Kyouei Design.

"Batucada" - Jahara Studio

Dernière ironie, celle de jouer sur une prétendue multifonctionnalité de la lampe, utilisée aussi comme meuble de rangement, c’est « My favourite things », de Chen Karlsson. En fait on ne range pas vraiment, on met un objet important mais bon, on ne peut empêcher de penser qu’il se moque…

"Favourite Things" - Chen Karlsson

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